GUIDE D’ACHAT OBERSON
Comment ajuster la suspension de votre vélo de montagne
Les experts d’Oberson vous expliquent comment ajuster l’affaissement (sag), la progression et le rebond afin d’optimiser le confort, l’adhérence et le contrôle de la suspension de votre vélo de montagne.
EN BREF
Une suspension bien ajustée améliore les performances de votre vélo et augmente votre confiance sur les sentiers. Ce guide explique comment ajuster l’affaissement, vérifier la progression et régler le rebond. Quelques minutes suffisent pour transformer le comportement de votre vélo et rendre chaque sortie plus agréable. Si vous roulez sur un vélo de montagne à suspension avant seulement (hardtail), suivez simplement les instructions concernant la fourche et ignorez les sections portant sur l’amortisseur arrière.
Préparez votre vélo
Voici ce que vous devez faire avant d’ajuster votre suspension :
Portez votre équipement de vélo habituel, y compris votre casque, votre sac d’hydratation et tout autre équipement que vous transportez normalement.
Gonflez vos pneus à votre pression habituelle.
Désactivez tous les systèmes de blocage de la suspension.
Trouvez un endroit plat et dégagé, à l’écart de la circulation.
Ayez une pompe pour suspension à portée de main ainsi qu’un ruban à mesurer, au besoin.
Consultez les réglages recommandés par le fabricant de votre suspension ou de votre vélo, s’ils sont disponibles.
Ajustez votre affaissement (sag)
L’affaissement (sag) correspond à l’enfoncement de la suspension sous le poids du cycliste lorsqu’il adopte sa position normale sur le vélo. Un affaissement adéquat permet à votre vélo d’absorber les impacts tout en maintenant une bonne adhérence.
En règle générale, on vise environ 20 % d’affaissement à la fourche et 30 % à l’amortisseur arrière. Toutefois, ces valeurs varient selon la conception de la suspension et le style de conduite. Consultez les recommandations du fabricant de votre suspension.
Avant de prendre une mesure, comprimez plusieurs fois la fourche et l’amortisseur, puis laissez-les se stabiliser pendant quelques secondes. Cela permet à la suspension de retrouver sa position de fonctionnement normale et d’obtenir une mesure plus précise de l’affaissement.
Commencez par l’amortisseur arrière, puis passez à la fourche.
Amortisseur arrière
1. Placez le joint torique contre le corps de l’amortisseur.
2. Assurez-vous que l’amortisseur est complètement ouvert.
3. Asseyez-vous soigneusement sur le vélo dans votre position normale de conduite.
4. Soulevez les pieds du sol afin que tout votre poids soit supporté par le vélo.
5. Descendez délicatement du vélo sans déplacer le joint torique.
6. Vérifiez la position du joint torique par rapport aux pourcentages d’affaissement indiqués sur l’amortisseur ou sur sa tige. Si ces repères ne sont pas présents, mesurez l’affaissement et comparez-le aux recommandations du fabricant.
7. Ajoutez ou retirez de l’air au besoin.
Après chaque ajustement de pression, comprimez plusieurs fois l’amortisseur avant de mesurer de nouveau l’affaissement. Répétez l’opération jusqu’à obtenir le réglage souhaité.
Comme mentionné précédemment, la plupart des cyclistes devraient mesurer l’affaissement de l’amortisseur arrière en position assise. Toutefois, les cyclistes plus agressifs peuvent préférer effectuer cette vérification en position debout, puisque cela reflète davantage leur position sur les sentiers. Si vous choisissez cette méthode, demandez à quelqu’un de tenir le vélo.
Fourche
De nombreux fabricants fournissent des recommandations de pression d’air en fonction du poids du cycliste. Vous pouvez utiliser ces valeurs comme point de départ, puis vérifier l’ajustement en mesurant l’affaissement. Si le fabricant ne fournit pas de recommandations basées sur le poids ou sur le pourcentage d’affaissement, suivez simplement la procédure ci-dessous.
1. Placez le joint torique contre le joint d’étanchéité de la fourche.
2. Assurez-vous que la suspension avant n’est pas verrouillée.
3. Tenez-vous debout sur les pédales en gardant les mains sur le guidon tout en roulant lentement.
4. Laissez la suspension s’enfoncer naturellement sous votre poids sans rebondir.
5. Ralentissez progressivement puis descendez du vélo avec précaution.
6. Mesurez l’affaissement et comparez-le aux recommandations du fabricant.
7. Ajoutez ou retirez de l’air au besoin.
Comme pour l’amortisseur arrière, comprimez plusieurs fois la fourche après chaque ajustement de pression avant de mesurer de nouveau l’affaissement.
Les cyclistes qui privilégient le rendement au pédalage et le soutien peuvent préférer un peu moins d’affaissement. Ceux qui recherchent un maximum d’adhérence et de contrôle sur les terrains accidentés peuvent préférer un peu plus d’affaissement. Commencez par les recommandations du fabricant et apportez de petits ajustements au besoin.
Vérifiez la progression
Une fois l’affaissement ajusté, il est temps de vérifier si vous utilisez efficacement le débattement de votre suspension.
La progression décrit la résistance accrue de la suspension à l’approche de la fin de son débattement. L’affaissement est lié au poids du cycliste, tandis que la progression est liée aux forces appliquées au vélo. Alors que l’affaissement détermine à quel point la suspension s’enfonce sous votre poids, la progression influence son comportement lorsqu’elle travaille plus profondément dans son débattement pour absorber des impacts importants.
Pour obtenir une première indication, roulez lentement sur une surface plane en position debout neutre et comprimez la suspension aussi fortement que possible sans quitter le sol. Testez la fourche et l’amortisseur séparément.
Après chaque essai, vérifiez la position du joint torique. Plus il se rapproche de l’extrémité du plongeur ou de la tige d’amortisseur, plus vous avez utilisé de débattement. Lors de ce test, l’amortisseur arrière devrait utiliser environ 90 % de son débattement. La fourche devrait utiliser environ 80 à 90 % de son débattement sans talonner.
Ensuite, roulez sur un sentier que vous connaissez bien et vérifiez de nouveau les joints toriques. Votre suspension devrait occasionnellement utiliser la majeure partie de son débattement lors des impacts importants sans talonner fréquemment.
Si votre suspension talonne régulièrement malgré un affaissement adéquat, vous pourriez avoir besoin de davantage de progression. À l’inverse, si vous n’utilisez pas la majeure partie du débattement de votre suspension, vous pourriez avoir besoin de moins de progression.
La progression s’ajuste généralement à l’aide d’espaceurs de volume installés ou retirés à l’intérieur de la fourche ou de l’amortisseur. Ajouter un espaceur de volume rend la suspension plus résistante au talonnage en fin de course. En retirer un facilite l’utilisation complète du débattement.
Si vous êtes à l’aise d’effectuer ce type d’entretien, consultez les instructions du fabricant pour installer ou retirer des espaceurs de volume. Sinon, un atelier de vélo qualifié pourra vous aider à déterminer le réglage adapté à votre style de conduite et au terrain que vous fréquentez.
Si vous préférez ne pas installer ou retirer d’espaceurs de volume, un léger compromis sur l’affaissement peut constituer une solution pratique. Ajouter un peu d’air peut réduire le risque de talonnage, tandis qu’en retirer légèrement peut faciliter l’utilisation complète du débattement. Gardez toutefois à l’esprit que cela influence l’ensemble du fonctionnement de la suspension, et non seulement la fin du débattement.
| Si… | Cause probable | Essayez ceci |
|---|---|---|
| Votre suspension talonne fréquemment malgré un affaissement adéquat. | La progression est insuffisante. | Ajoutez un espaceur de volume. Vous pouvez aussi ajouter une petite quantité d’air. |
| Vous n’utilisez pas la majeure partie du débattement malgré un affaissement adéquat. | La progression est trop importante. | Retirez un espaceur de volume. Vous pouvez aussi réduire légèrement la pression d’air. |
| Ajouter de l’air élimine le talonnage, mais rend la suspension trop ferme. | La progression pourrait être insuffisante. | Envisagez d’ajouter un espaceur de volume plutôt que davantage d’air. |
| Réduire la pression d’air permet d’utiliser davantage de débattement, mais la suspension devient trop molle. | La progression pourrait être trop importante. | Envisagez de retirer un espaceur de volume plutôt que de réduire davantage la pression. |
Ajustez votre rebond
L’amortissement du rebond contrôle la vitesse à laquelle votre suspension revient à sa position initiale après avoir été comprimée. L’objectif est de permettre à la suspension de récupérer suffisamment rapidement pour absorber une succession d’impacts. Si le rebond est trop rapide, le vélo peut sembler nerveux ou rebondissant. S’il est trop lent, la suspension ne récupérera pas assez rapidement entre les impacts, ce qui réduira l’adhérence et le contrôle.
Les molettes de réglage du rebond sont souvent identifiées par des symboles de tortue et de lièvre ou par les signes + et −. Dans la plupart des cas, tourner vers la tortue ou le signe + augmente l’amortissement du rebond et ralentit la vitesse de retour de la suspension. À l’inverse, tourner vers le lièvre ou le signe − réduit l’amortissement et accélère le rebond. En cas de doute, consultez la documentation du fabricant de votre suspension.
Amortisseur arrière
Tournez la molette de rebond à son réglage le plus lent. Ensuite, descendez lentement d’une bordure de trottoir en restant assis sur le vélo. Augmentez graduellement la vitesse du rebond, un clic à la fois, puis répétez le test.
Le réglage idéal correspond généralement au rebond le plus rapide qui permet à l’amortisseur de dépasser légèrement sa position d’affaissement avant de se stabiliser.
Fourche
Tournez la molette de rebond à son réglage le plus lent. Debout au-dessus du vélo, comprimez la fourche sur environ le tiers de son débattement puis relâchez-la brusquement. Augmentez la vitesse du rebond un clic à la fois en répétant le test jusqu’à ce que la roue avant quitte à peine le sol. Revenez ensuite d’un clic.
Vérifiez l’équilibre général
Tout en roulant lentement sur une surface plane, chargez et déchargez la suspension à plusieurs reprises en position debout. La fourche et l’amortisseur devraient sembler équilibrés et revenir à une vitesse similaire. S’il existe un léger déséquilibre, il est préférable que la fourche revienne légèrement plus rapidement que l’amortisseur arrière. À l’inverse, l’arrière du vélo peut pousser le cycliste vers l’avant lors d’impacts importants. Une fois sur les sentiers, apportez de petits ajustements au besoin.
Résolution des problèmes courants de suspension
Même après avoir suivi les étapes ci-dessus, vous pourriez vouloir peaufiner le comportement de votre suspension. Utilisez le tableau ci-dessous pour identifier les problèmes les plus fréquents et les solutions possibles.
| Si… | Cause possible | Essayez ceci |
|---|---|---|
| Votre fourche ou votre amortisseur arrière talonne fréquemment. | Le taux de ressort ou la progression est insuffisant. | Ajoutez une petite quantité d’air. Si la suspension devient trop ferme sur les petites irrégularités, envisagez d’ajouter un espaceur de volume. |
| Vous n’utilisez pas la majeure partie du débattement de votre suspension. | Le taux de ressort ou la progression est trop élevé. | Réduisez légèrement la pression d’air. Si vous n’utilisez toujours pas la majeure partie du débattement, envisagez de retirer un espaceur de volume. |
| Votre suspension semble trop ferme sur les petites irrégularités. | La pression d’air ou la progression pourrait être trop élevée. | Réduisez légèrement la pression d’air ou envisagez de retirer un espaceur de volume. |
| Votre fourche s’enfonce excessivement lors du freinage ou dans les pentes raides. | La pression d’air dans la fourche pourrait être trop faible. | Ajoutez une petite quantité d’air et essayez de nouveau. |
| Le vélo semble rebondir après les impacts. | Le rebond est trop rapide. | Augmentez l’amortissement du rebond en tournant vers la tortue ou le signe +. |
| La suspension semble lente à revenir ou ne récupère pas assez rapidement entre les impacts. | Le rebond est trop lent. | Réduisez l’amortissement du rebond en tournant vers le lièvre ou le signe −. |
| Le vélo semble instable parce que la suspension avant et arrière réagit différemment. | Les réglages de rebond pourraient être déséquilibrés. | Comparez les vitesses de rebond avant et arrière et effectuez de petits ajustements jusqu’à ce que le vélo paraisse équilibré. |
FAQ — Comment choisir un vélo de montagne
De quels outils avez-vous besoin pour ajuster la suspension d’un vélo de montagne ?
Vous aurez besoin d’une pompe pour suspension. Un ruban à mesurer peut également être utile pour vérifier l’affaissement sur les fourches ou amortisseurs qui n’affichent pas de pourcentage d’affaissement.
Que signifient les symboles de tortue et de lièvre sur une fourche ou un amortisseur ?
Ces symboles indiquent le réglage du rebond. Tourner vers la tortue ralentit la vitesse du rebond. Tourner vers le lièvre l’accélère. Un rebond plus lent peut améliorer le contrôle lors d’impacts importants, tandis qu’un rebond plus rapide permet à la suspension de récupérer plus rapidement entre les obstacles.
Pourquoi n’utilisé-je pas tout le débattement de ma suspension ?
Si vous n’utilisez pas la majeure partie du débattement de votre suspension lors d’impacts importants, la pression d’air ou la progression pourrait être trop élevée.
Commencez par vérifier votre affaissement. S’il se situe dans la plage recommandée par le fabricant, essayez de réduire légèrement la pression d’air. Si cela vous permet d’utiliser davantage de débattement, mais que la suspension devient trop molle, vous pourriez bénéficier du retrait d’un espaceur de volume.
Gardez à l’esprit qu’il est normal qu’il reste un peu de débattement inutilisé après la plupart des sorties. L’objectif est d’utiliser la majeure partie du débattement lors des impacts importants sans talonner fréquemment.
Pourquoi ma suspension semble-t-elle trop ferme sur les petites irrégularités ?
Une suspension qui paraît trop ferme sur les racines, les roches et les petites irrégularités présente probablement une pression d’air trop élevée ou trop de progression.
Commencez par vérifier votre affaissement. S’il se situe dans la plage recommandée, essayez de réduire légèrement la pression d’air. Si la suspension demeure trop ferme et que vous n’utilisez pas la majeure partie du débattement disponible, le retrait d’un espaceur de volume pourrait être bénéfique.
Puis-je utiliser une pompe à vélo ordinaire pour ajuster la suspension d’un vélo de montagne ?
Non. Les fourches et amortisseurs de vélo de montagne fonctionnent à des pressions beaucoup plus élevées que les pneus, et une pompe à plancher ordinaire n’est pas conçue pour mesurer ou fournir ces pressions avec précision.
Pour ajuster correctement l’affaissement et la pression d’air, vous aurez besoin d’une pompe pour suspension. Ces pompes sont spécialement conçues pour cet usage et sont munies d’un manomètre permettant des ajustements précis.
Dois-je ajuster l’affaissement ou le rebond en premier ?
Commencez par l’affaissement. Celui-ci détermine la position de votre suspension dans son débattement lorsque vous adoptez votre position normale sur le vélo. Si votre affaissement est incorrect, il devient difficile d’évaluer les autres ajustements de suspension.
Une fois l’affaissement correctement ajusté, passez au rebond. Le rebond contrôle la vitesse à laquelle la suspension revient après avoir été comprimée, et le réglage idéal dépend notamment de la pression d’air et de l’affaissement utilisés.
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